mercredi 17 octobre 2012

BPI : l’inquiétante étatisation du financement des PME

Au-delà des effets d’annonce, nous ne devons pas manquer de relever la perverse cohérence du nouveau gouvernement sur le sujet du financement des PME. Tout d’abord il dégoûte tout ceux qui sont susceptibles d’investir leurs capitaux dans l’économie (75% d’impôt au dessus d’un million de revenu, ISF relevé, hausse de la taxe sur les plus-values de cession même si le mouvement des pigeons semble faire reculer ce projet). Une remarque : le régime fiscal précédent n’avait rien d’avantageux, l’UMP pseudo-libérale assommait déjà les investisseurs d’impôts, mais là c’est le coup de grâce ! Ensuite, le gouvernement « déplore » que les PME soient sous-financées et décide qu’il faut « agir ». Troisième étape, il sort de son chapeau une Banque publique d’investissement (BPI) dotée d’une force de frappe de 40 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien. Cette BPI accordera donc des crédits et des capitaux (sous forme de prises de participation) aux PME. Autrement dit, le financement des PME sera de plus en plus dépendant de l’Etat, au sens politique du terme. Déjà certains secteurs seront privilégiés, nous dit-on, comme « ceux qui favorisent la conversion écologique et énergétique de l'industrie ou encore l'économie sociale et solidaire » (JDD), autrement dit des activités fumeuses et subventionnées. Ensuite les régions (qui sont toutes à gauche hormis l’Alsace) joueront un rôle important dans l’attribution des crédits, le patron de PME devra donc être tout sourire devant le président de région… L’imagine-t-on ensuite critiquer la politique du gouvernement dans la presse locale ? Et lorsqu’il faudra arbitrer entre plusieurs dossiers, qui ne dit que la BPI ne jettera pas un œil sur la carte électorale ? Nous assistons en fait ici à une étatisation progressive des PME françaises, un milieu historiquement hostile à la gauche (de la même façon que les 25% de logements sociaux obligatoires sont un outil d’étatisation du marché du logement). Après un début difficile avec le monde des entreprises (le mouvement des « pigeons »), on peut parier que quantité de patrons de PME soutiendront « spontanément » le candidat Hollande lors de la prochaine élection présidentielle. Bien joué, non ?

Philippe Herlin

14 commentaires:

  1. Oui, étatisation ou collectivisation rampante...mais dans un premier temps la BPI va s'occuper des PME en difficulté (et même en grande difficulté) pour sauvegarder l'emploi et dans la plupart des cas ces PME finiront par disparaître... il serait plus intelligent d'encourager la création de nouvelles entreprises, mais on n'en a pas pris le chemin, bien au contraire...Ah! ces salauds de patrons!.

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  2. La BPI regroupe le FSI, OSEO et CDC Entreprises: aura-t-elle 40 milliards en plus? d'où va-t-on les sortir? va-t-elle les emprunter? On peut certainement compter sur ce genre de "machin", avec les Régions dedans, pour investir à bon escient!

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  3. @presbytère , oui c'est vrai, d'où viennent-ils les 40 milliards, en attendant, il ne fait pas bon avoir un reliquat de dette chez Oséo... ça à l'air de racler les fond de tiroir, à bon entendeur. - un patron

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  4. Robert Marchenoir18 octobre 2012 02:25

    "De la même façon que les 25% de logements sociaux obligatoires sont un outil d’étatisation du marché du logement."

    Je m'étonne que ce point soit si rarement souligné.

    Imposer 25 % de logements "sociaux", c'est interdire à plus de 75 % des Français de devenir un jour propriétaires de leur logement -- et ce plafond est en pratique beaucoup plus bas, car il faut bien tenir compte du parc locatif privé qui existera toujours.

    C'est instaurer le communisme à 25 % en matière de logement, avec toutes les répercussions que cela peut avoir vu l'importance du logement dans la vie des gens.

    C'est aussi imposer pas loin de 25 % d'immigrés dans toutes les communes un tant soit peu importantes, vu la façon dont les allocations de HLM sont faites.

    C'est enfin acheter près de 25 % de voix pour la gauche dans les localités concernées, vu que les musulmans votent socialiste à 93 %, et que ceux qui ne le sont pas sont eux aussi des obligés du système.

    De quelque côté qu'on le prenne, c'est un acte d'oppression particulièrement grave.

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    1. Et ce qui est incroyable, c'est que durant toutes ces années ou elle était au pouvoir, l'UMP n'a rien fait. Ils se tirent vraiment une balle dans le pied, à croire que ca leur plaît de savoir qu'ils vont perdre toutes les prochaines élections...

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    2. Pas forcément. L'UMP séduit toujours les socialistes de droite !

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  5. Vendredi 19 octobre 2012 :

    Sortie nette de capitaux en août dans la zone euro.

    La zone euro a connu une sortie nette de capitaux de 3,4 milliards d'euros en août, après une entrée nette de 18,2 milliards en juillet, suivant les chiffres publiés vendredi par la Banque centrale européenne.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters-00471729-sortie-nette-de-capitaux-en-aout-dans-la-zone-euro-502195.php

    C'est logique.

    C'est normal.

    Quand le navire coule, les rats quittent le navire.

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    1. BA, vous êtes pénible. Porcinet a dit que le pire de la crise était derrière nous ! Non, mais !

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  6. Vendredi 19 octobre 2012 :

    Un message pour tous les petits bisounours qui disent, qui répètent, qui répètent encore : "L'Allemagne paiera ! L'Allemagne paiera ! L'Allemagne paiera !"

    Merkel : pas de recapitalisation directe rétroactive des banques espagnoles.

    "La recapitalisation directe des banques espagnoles ne sera pas possible à titre rétroactif", a affirmé vendredi la chancelière allemande Angela Merkel, douchant les espoirs des Espagnols mais aussi des Français qui avaient plaidé pour un tel dispositif.

    "Les banques espagnoles ont un programme selon lequel elles peuvent être recapitalisées et il n'y aura pas non plus de recapitalisation directe à titre rétroactif", a affirmé Mme Merkel dans une conférence de presse à l'issue du sommet européen de Bruxelles.

    "Quand la recapitalisation sera possible, elle sera seulement possible pour l'avenir", a-t-elle ajouté.

    La France souhaite que la recapitalisation directe des banques soit rétroactive et bénéficie, dans certains cas, aux établissements espagnols, afin que leur sauvetage ne pèse pas sur la dette de ce pays. "Nous avons plaidé pour la rétroactivité", avait affirmé en juillet le ministre français des Finances, Pierre Moscovici.

    Mais depuis jeudi, Madrid voit s'éloigner la possibilité de bénéficier très rapidement d'une recapitalisation directe de ses banques par le pare-feu de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES).

    "La recapitalisation directe des banques aura lieu en 2013, mais quand, on ne le sait pas encore", a affirmé le chef du gouvernement italien, Mario Monti.

    Moins optimiste, un diplomate européen a estimé que les banques espagnoles ne seront pas recapitalisées avant fin 2013, probablement 2014.

    (©AFP / 19 octobre 2012 14h36)

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  7. BA, vous êtes toujours aussi pénible. Porcinet a gagné face à l'Allemagne pour la supervision bancaire. Je suis sûr qu'il est persuadé de la faire payer pour les autres. Non mais !

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  8. Porcinet a gagné contre l'Allemagne : Porcinet, c'est le plus fort du monde. Sinon, pour revenir au monde réel :

    Samedi 20 octobre 2012 :

    Sur son blog, Jacques Sapir fait le bilan du dernier sommet européen : en quelques lignes, Jacques Sapir décrit la situation réelle de la zone euro.

    "Tout va très bien, madame la marquise."

    http://russeurope.hypotheses.org/358

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  9. Dette publique de la Grèce :
    2007 : dette publique de 107,4 % du PIB.
    2008 : dette publique de 112,6 % du PIB.
    2009 : dette publique de 129 % du PIB.
    2010 : dette publique de 144,5 % du PIB.
    2011 : dette publique de 170,6 % du PIB.

    France : le Parlement s'inquiète de l'accumulation des engagements pris pour soutenir la Grèce.

    Dans son rapport, le député Christian Paul (PS) chiffre à 50,8 milliards d'euros les prêts à la Grèce devant être garantis par la France dans le cadre du Fonds européen de stabilité financière ; « il ne s'agit pas de prêts, mais bien de pertes que les Etats de la zone euro acceptent de consentir vis-à-vis de la Grèce ».

    Source : lesechos.fr, mardi 7 août 2012.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202205724179-le-parlement-s-inquiete-de-l-accumulation-des-engagements-pris-pour-soutenir-la-grece-351001.php

    Lundi 22 octobre 2012 :

    Grèce : déficit et dette publics 2011 pires qu'annoncé.

    Le déficit et la dette publics de la Grèce pour l'année 2011 ont été révisés à la hausse. Elles atteignent désormais respectivement 9,4% et 170,6% du PIB, selon des données provisoires rendues publiques lundi par l'Autorité des statistiques grecques (Elstat).

    Les premières estimations d'Elstat, en avril, avaient chiffré le déficit à 9,1% du PIB, très proches de la prévision budgétaire pour 2011 de 9%. La dette publique était, elle, calculée à 165,3% du PIB, alors que le pays est censé la ramener à 120% du PIB en 2020, selon l'accord signé avec ses bailleurs de fonds.

    Cette aggravation statistique des performances découle surtout de la révision à la hausse de l'ampleur de la récession en 2011, a relevé Elstat dans un communiqué.

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  10. Mardi 23 octobre 2012 :

    La BCE prise au piège.

    La BCE, détenant 210 milliards d'euros de «junk bonds» dans son bilan, ne peut pas risquer une faillite des pays en crise. Sa recapitalisation inévitable par les gouvernements, voire les contribuables, ruinerait sa réputation. C'est pour cette raison qu'elle refuse catégoriquement un «hair cut» de la dette grecque. La fuite en avant est sa seule stratégie viable, elle est prise dans le piège de l'euro.

    Wolfgang Glomb, membre du comité consultatif de CONCILIUS, membre du Conseil d'analyse économique franco-allemand.

    http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/monnaies-et-taux/221156805/bce-prise-piege

    En clair :
    Deuxième défaut de paiement de la Grèce —> la BCE subit des pertes colossales —> la BCE se tourne vers ses actionnaires, les 17 banques centrales nationales, pour qu’elles recapitalisent la BCE.

    Et ensuite, ça se complique :
    - Voyons d’abord le premier cas de figure. Les 17 banques centrales nationales acceptent de recapitaliser la BCE : chaque chef d’Etat a alors deux possibilités :
    1- un chef d’Etat choisit d’augmenter les impôts de ses contribuables nationaux. Avec cet argent, la BCE est recapitalisée, et toute la zone euro peut continuer encore quelques mois.
    2- un chef d’Etat choisit de vendre l’or détenu par la banque centrale nationale. Avec cet argent, la BCE est recapitalisée, et toute la zone euro peut continuer encore quelques mois.

    - Dernier cas de figure : les 17 banques centrales nationales refusent de recapitaliser la BCE —> faillite de la BCE —> retour aux 17 monnaies nationales —> réarmement des 17 banques centrales nationales.

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