lundi 11 février 2013

Un déficit budgétaire incompressible

Voici la suite et la confirmation du billet publié il y a exactement un an : Le grand mensonge du retour à l’équilibre budgétaire. Le déficit du budget de l’Etat pour 2012 vient de tomber, il est intéressant de le mettre en perspective :
2012 : 87 (milliards d’euros)
2011 : 90
2010 : 148
2009 : 138
2008 : 56
2007 : 38
2006 : 36

Avant la crise de 2008 le déficit budgétaire est inférieur à 40 milliards d’euros (note : 1 euro de 2006 n’équivaut pas à 1 euro de 2012, il vaut un peu plus car faut tenir compte de l’inflation, mais on n’en tient pas compte ici). Ensuite il dérape fin 2008 avec la crise qui éclate le 15 septembre, explose en 2009 (récession, chute des rentrées fiscales), reste élevé en 2010 (à cause du stupide et inutile Grand emprunt de 35 milliards d’euros), et revient à 90 milliards en 2011, et demeure au même niveau en 2012.

Ce qui apparaît clairement c’est que le déficit structurel de l’Etat a doublé depuis la crise de 2008 et qu’il s’établit désormais à environ 90 milliards d’euros, soit de l’ordre de 5% du PIB ou, plus parlant, un déficit de 32% (87 milliards de déficit divisé par 268 milliards de recettes fiscales), soit un budget totalement à la dérive (transposition pour un particulier : je gagne 2680 euros par mois mais je dépense 3550 euros, je suis donc en déficit de 870 euros).

Les discours sur la « trajectoire de retour à l’équilibre » des gouvernements (du précédent comme de l’actuel) servent juste à endormir les marchés et la Commission européenne, pour l’instant. Ce déficit est incompressible. La seule façon de le réduire consisterait à engager des réformes structurelles, autant rêver. On prend les paris ? En 2013 le déficit s’établira à environ 90 milliards d’euros. Mais les marchés et ceux qui investissent encore dans la dette de la France risquent de très mal le prendre…

Philippe Herlin

4 commentaires:

  1. Toute la question est de savoir pendant combien de temps on peut tenir à ce rythme là ?
    Certains socialistes disent , pour rassurer les marchés , qu'ils font tout pour faire des économies, d'autres ne se gênent pas pour dire carrément qu'il est hors de question de réduire le déficit (ne parlons même pas de la dette !)pour continuer de profiter au présent d'un système dont nous léguerons le coût à nos enfants .
    Mais combien de temps cela peut il durer ?
    quelques mois, encore quelques années, 30 nouvelles années ??? Avant que tout s'écroule ?
    J'aimerai bien le savoir ...

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  2. François Hollande est vraiment une catastrophe.

    Les grands vainqueurs du sommet européen de vendredi sont les pays suivants : Autriche, Danemark, Allemagne, Finlande, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni.

    En septembre 2011, il y a eu une information importante :

    11 septembre 2011 :

    Budget de l'UE : neuf pays entament un bras de fer contre Bruxelles.

    Neuf pays européens, dont l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni vont faire savoir lundi à la Commission que sa proposition de futur budget de l'UE (2014-20) est trop élevée face au contexte de rigueur généralisée, selon des sources diplomatiques.

    "La proposition de la Commission européenne est trop élevée. Les hausses de dépenses du prochain cadre multiannuel sont nettement excessives par rapport à ce qui est requis pour une stabilisation du budget européen", indique un projet de déclaration conjointe obtenu l'AFP, qui doit être rendu public lundi.

    Les ministres des Affaires européennes d'Autriche, du Danemark, d'Allemagne, de Finlande, de France, d'Italie, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni doivent approuver ce document lors d'une rencontre lundi à Bruxelles, avant une réunion avec leurs homologues de l'ensemble de l'UE.

    http://www.20minutes.fr/economie/784994-budget-ue-neuf-pays-entament-bras-fer-contre-bruxelles

    Mais ça, c'était en septembre 2011.

    Ensuite, il y a eu mai 2012, l'élection de François Hollande. Et la France a changé de camp. Après mai 2012, la France a rejoint le camp des Etats européens favorables à une augmentation du budget européen.

    Enfin, il y a eu le vendredi 8 février 2013 : les chefs d'Etats et de gouvernements d'Autriche, du Danemark, d'Allemagne, de Finlande, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni ont gagné une bataille historique.

    Ils ont obtenu une baisse de 3 % du budget européen.

    Et la France se retrouve dans le camp des vaincus.

    Pour la période 2014-2020, le budget de l'Union Européenne sera au niveau minable de 1 % du PIB de l'Union Européenne.

    Et il reste des bisounours qui croient encore à "l'Europe fédérale" ?

    J'éclate de rire !

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    1. Si Hollande avait au moins le courage de démissionner en raison de son incompétence ! En même temps, n'est pas un grand Homme qui veut. Hollande n'arrivera jamais à la hauteur des chevilles du Grand Pape Benoît.

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  3. Les privilèges des fonctionnaires européens.

    Sur son blog, Jean Quatremer écrit tout ce que gagne un fonctionnaire européen :

    Les salaires vont, pour le grade 1, de 2654 à 3003 €,

    pour le grade 2, de 3003 à 3398 €,

    pour le grade 3, de 3398 à 3844 €,

    pour le grade 4, de 3844 à 4350 €,

    pour le grade 5, de 4350 à 4921 €,

    pour le grade 6, de 4921 à 5568 €,

    pour le grade 7, de 5568 à 6300 €,

    pour le grade 8, de 6300 à 7128 €,

    pour le grade 9, de 7128 à 8065 €,

    pour le grade 10, de 8065 à 9125 €,

    pour le grade 11, de 9125 à 10.324 €,

    pour le grade 12, de 10.324 à 11.681 €,

    pour le grade 13, de 11.681 à 13.216 €,

    pour le grade 14, de 13.216 à 14.954 €,

    pour le grade 15, de 14.954 à 16.919 €,

    pour le grade 16, de 16.919 à 18.371 €.

    Ces salaires sont versés sur 12 mois.

    Au salaire brut, il faut ajouter une indemnité d'expatriation de 16 % du salaire (pour les non-Belges ou ceux qui n’avaient pas antérieurement à leur recrutement leur domicile en Belgique) ou de dépaysement (4 %).

    Outre la gratuité de l’école européenne (les non-fonctionnaires y ont exceptionnellement accès, mais doivent payer entre 5000 et 10.000 € par année scolaire), les fonctionnaires ont droit à de généreuses allocations familiales (373 € par enfant et par mois jusqu’à 26 ans),

    à une allocation de naissance (198 € à chaque enfant),

    à une allocation de foyer (170 € par mois majorés de 2 % du traitement de base),

    à une allocation scolaire (253 € par enfant et par mois),

    à une allocation d’installation (839 € pour une famille, 497 € pour un célibataire, versés lors de l’installation).

    En outre, les eurocrates ont droit à un aller-retour par an dans leur pays d’origine (et des jours de congé supplémentaires selon la distance : 6 jours au-delà de 2000 km, un calcul qui a dû être fait avant l’invention de l’avion).

    Les femmes ont droit à 20 semaines de congé maternité, les congés payés sont compris entre 24 et 30 jours ouvrables et la retraite représente 70 % du montant du dernier salaire.

    Dernier point : en vertu de l'accord de siège conclu entre l'Union et la Belgique, les fonctionnaires sont dispensés de payer la TVA lors de la première année d'installation. A cela s'ajoute, pour les voitures, une "remise diplomatique" à vie accordée par les constructeurs qui va de 7 à 20 % (une berline allemande à 60% de son prix, ça ne vous tente pas?).

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/02/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-le-salaire-des-eurocrates-sans-jamais-oser-le-demand.html#more

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