On a un peu plus de détails sur les décisions annoncées hier par Mario Draghi, et il faut rajouter une nouvelle inquiétante aux deux autres dont nous parlions dans le billet précédent : les banques en mal de liquidité pourront apporter, en garantie, des « collatéraux » (actifs financiers) d’une qualité moindre qu’auparavant. Voilà qui va encore accroître la quantité de monnaie en circulation, et dégrader d’un niveau supplémentaire le bilan de la BCE !
Draghi nous a refait aussi une des blagues préférées de Trichet : « ne vous inquiétez pas, il n’y a pas planche à billets car l’argent créé est stérilisé ». Quand la BCE crée de l’argent pour racheter les emprunts d’Etat, elle affirme qu’elle en retire une somme équivalente du marché monétaire. Comment ? Aucune explication. Et les chiffres montrent le contraire puisque le bilan de la BCE ne cesse d’augmenter.
Mario Draghi a également affirmé que l’euro était « irréversible » et que les craintes des investisseurs sur la pérennité de l’euro étaient « infondées » (Les Echos), ce qui démontre un aveuglement effrayant, et un mépris pour les opérateurs de marché sensés ne rien comprendre de ce qui se passe. Pas grave, ceux-ci applaudissent et les marchés montent, il y a plus de cash dans le système, donc plus de spéculation et de bulles à prévoir, certains recommandent même d’investir sur les actions. C’est ça, venez les petits…
Philippe Herlin
vendredi 7 septembre 2012
jeudi 6 septembre 2012
BCE : la fuite en avant
La conférence de presse très attendue de Mario Draghi vient de se terminer (Les Echos). Deux choses à retenir, et qui sont très inquiétantes pour l’avenir :
1) La BCE continuera d’intervenir sur le marché de la dette, mais elle va accélérer la cadence : elle achètera des obligations d'Etat de maturité allant de 1 à 3 ans et ne fixera « pas de limite quantitative » à ces achats.
2) La BCE renoncera à son statut de créancier privilégié sur les obligations d'Etat qu'elle achètera sur les marchés.
La planche à billets continue de plus belle ! Le bilan de la BCE, qui est déjà démesuré (il représente 32% du PIB de la zone euro ! voir cet article) va encore enfler. Il va se remplir d’actifs pourris, autrement dit de bons d’Etats qui sont insolvables (Grèce, Espagne) ou en grande difficulté (Italie). Et bien sûr, un jour ou l’autre, il faudra enregistrer des pertes. Des pertes abyssales, à la mesure de ce bilan démesuré.
Mais, deuxième « nouveauté » de la journée, la BCE renonce à son statut de créancier privilégié, ce qui veut dire qu’en cas de restructurations (inévitables, car les pays en difficulté ne pourront pas rembourser), la BCE encaissera la perte comme tous les autres détenteurs, alors que pour la Grèce elle était passé à travers. Vu la taille de son bilan, la BCE tombera automatiquement en faillite… à moins que les Etats actionnaires ne compensent la perte, et ils y seront obligés car une banque centrale en faillite fait tomber tout le système monétaire et financier. Et qui paiera ? Le contribuable, bien sûr. Mais cela, Super-Mario ne l’a pas expliqué.
Philippe Herlin
1) La BCE continuera d’intervenir sur le marché de la dette, mais elle va accélérer la cadence : elle achètera des obligations d'Etat de maturité allant de 1 à 3 ans et ne fixera « pas de limite quantitative » à ces achats.
2) La BCE renoncera à son statut de créancier privilégié sur les obligations d'Etat qu'elle achètera sur les marchés.
La planche à billets continue de plus belle ! Le bilan de la BCE, qui est déjà démesuré (il représente 32% du PIB de la zone euro ! voir cet article) va encore enfler. Il va se remplir d’actifs pourris, autrement dit de bons d’Etats qui sont insolvables (Grèce, Espagne) ou en grande difficulté (Italie). Et bien sûr, un jour ou l’autre, il faudra enregistrer des pertes. Des pertes abyssales, à la mesure de ce bilan démesuré.
Mais, deuxième « nouveauté » de la journée, la BCE renonce à son statut de créancier privilégié, ce qui veut dire qu’en cas de restructurations (inévitables, car les pays en difficulté ne pourront pas rembourser), la BCE encaissera la perte comme tous les autres détenteurs, alors que pour la Grèce elle était passé à travers. Vu la taille de son bilan, la BCE tombera automatiquement en faillite… à moins que les Etats actionnaires ne compensent la perte, et ils y seront obligés car une banque centrale en faillite fait tomber tout le système monétaire et financier. Et qui paiera ? Le contribuable, bien sûr. Mais cela, Super-Mario ne l’a pas expliqué.
Philippe Herlin
lundi 3 septembre 2012
Après Dexia, le Crédit Immobilier de France !
Depuis le temps que nous parlions du Crédit Immobilier de France (CIF) dans notre revue de presse, ou sur ce blog (le 10 mai 2012), enfin les grands médias se réveillent ! Il faut dire que la banque est en faillite et que l’Etat a officiellement décidé samedi de s’en porter garant à hauteur de 20 milliards d’euros (Les Echos, voir aussi Zero Hedge), sur un portefeuille total de 33 milliards de crédit, ce qui en dit long sur la qualité de ces prêts... De quoi faire un sujet de JT entre la météo et le foot. Des reportages où d’ailleurs on nous explique que c’est « à cause » de la dégradation par une (méchante) agence de notation que la banque se retrouve en faillite… Non, son fonctionnement est pourri, c’est tout : elle finance des prêts immobiliers (de long terme) avec de l’argent emprunté (à court terme) sur les marchés. Un numéro d’équilibriste qui ne pardonne pas en cas de perte de confiance. Northern Rock en Angleterre est tombé pour la même raison en 2007.
Mais le mal est plus profond. Le CIF, très proche du mouvement HLM, est spécialisé dans les prêts immobiliers aux emprunteurs modestes bénéficiant d’aides sociales. Ca ne vous rappelle rien ? Des prêts immobiliers à des ménages qui n’ont pas de revenus suffisants ? Les subprimes bien sûr, sauf qu’à la différence des Etats-Unis, ici tout est public (nous sommes en France !). Mais c’est une bulle, financée par l’argent public, de plus en plus difficilement d’ailleurs (d’où le relèvement du plafond du livret A, qui finance l’habitat social). Et la bulle continue de gonfler : le gouvernement s’apprête à faire passer le pourcentage de logements sociaux dans les communes de 20 à 25%. Ce qui veut dire encore plus de dépenses pour les villes (préemptions, constructions), pour les organismes HLM, et un renchérissement du parc privé (par la « pression » exercée par le secteur public).
La faillite du CIF traduit deux maux français : des banques trop faiblement capitalisées et un secteur du logement social de plus en plus obèse et coûteux. Deux maux qui vont produire d’autres catastrophes.
Philippe Herlin
Mais le mal est plus profond. Le CIF, très proche du mouvement HLM, est spécialisé dans les prêts immobiliers aux emprunteurs modestes bénéficiant d’aides sociales. Ca ne vous rappelle rien ? Des prêts immobiliers à des ménages qui n’ont pas de revenus suffisants ? Les subprimes bien sûr, sauf qu’à la différence des Etats-Unis, ici tout est public (nous sommes en France !). Mais c’est une bulle, financée par l’argent public, de plus en plus difficilement d’ailleurs (d’où le relèvement du plafond du livret A, qui finance l’habitat social). Et la bulle continue de gonfler : le gouvernement s’apprête à faire passer le pourcentage de logements sociaux dans les communes de 20 à 25%. Ce qui veut dire encore plus de dépenses pour les villes (préemptions, constructions), pour les organismes HLM, et un renchérissement du parc privé (par la « pression » exercée par le secteur public).
La faillite du CIF traduit deux maux français : des banques trop faiblement capitalisées et un secteur du logement social de plus en plus obèse et coûteux. Deux maux qui vont produire d’autres catastrophes.
Philippe Herlin
lundi 27 août 2012
Repenser l’impôt, et la crise, avec Peter Sloterdijk
Il est rare qu’un philosophe parle d’économie, et encore plus qu’il le fasse avec justesse. C’est le cas de Peter Sloterdijk, certainement le plus grand penseur allemand vivant, au moins aussi connu que l’ennuyeux et académique Habermas. Repenser l’impôt regroupe un texte de 80 pages et une quinzaine d’interviews qui alimentèrent une vigoureuse polémique en Allemagne : l’auteur n’y propose rien de moins que de remplacer pour partie les impôts par des dons ! « Nous ne vivons plus dans un contexte absolutiste, et les citoyens ne doivent plus être traités comme des sujets. Il faut repenser le phénomène des impôts, c'est-à-dire des prestations au profit du bien commun » (p. 246). Des impôts dont il dénonce par ailleurs le niveau trop élevé, et le fait qu’ils reposent en très grande partie sur la classe moyenne. « Mais personne ne paiera plus, c’est un cadeau aux riches ! » lui rétorquèrent la plupart des éditorialistes et intellectuels, « votre réponse ne traduit que la piètre image que vous vous faites de l’Homme » répondit Sloterdjik. Il ouvre des perspectives auxquelles nous devrions réfléchir : « La peur n’est pas une base acceptable pour la cohésion d’une société qui prétend être une démocratie. Vouloir établir la communauté solidaire réelle par des mesures fiscales contraignantes est une approche blâmable. […] J’affirme au contraire que toute cette tendance asociale, cette idéologie misérable qui ne connaît que la cupidité, chez soi-même et chez les autres, cette psychologie à bon marché de greedy pig dans les têtes des sociologues et des psychologues, bref, j’affirme que tout cela nous prouve une chose : nous nous sommes fondés, au XXe siècle, sur une fausse image de l’homme. On croit que l’homme est un animal qui prend autant que possible. L’idée ne vient plus à personne de prendre au sérieux les hommes en leurs qualités de donateurs. » (p. 263).
Satisfaction supplémentaire à la lecture de cet ouvrage, lorsqu’il faut expliquer la crise actuelle, Sloterdijk s’y révèle un Autrichien pur sucre : « D’un point de vue technique, la crise a surtout été déclenchée par la politique abstruse de taux d’intérêts bas menée par les banques centrales, ce qui a incité le capital d’investissement à se ruer sur tout ce qui rapportait plus que zéro. » (p. 212). Et il revient plusieurs fois sur cette idée. On ne manquera pas non plus de lire son brillantissime Palais de cristal sur la naissance du capitalisme (même si la seconde partie de l’ouvrage, sur la période contemporaine, s’avère moins convaincante). Que nos économistes en prennent de la graine !
Philippe Herlin
Satisfaction supplémentaire à la lecture de cet ouvrage, lorsqu’il faut expliquer la crise actuelle, Sloterdijk s’y révèle un Autrichien pur sucre : « D’un point de vue technique, la crise a surtout été déclenchée par la politique abstruse de taux d’intérêts bas menée par les banques centrales, ce qui a incité le capital d’investissement à se ruer sur tout ce qui rapportait plus que zéro. » (p. 212). Et il revient plusieurs fois sur cette idée. On ne manquera pas non plus de lire son brillantissime Palais de cristal sur la naissance du capitalisme (même si la seconde partie de l’ouvrage, sur la période contemporaine, s’avère moins convaincante). Que nos économistes en prennent de la graine !
Philippe Herlin
vendredi 10 août 2012
La Grèce représente un risque d’au moins 50 milliards d’euros pour les comptes publics de la France
Alors que la crise de la zone euro n’en finit pas de s’étendre, il ne faudrait pas oublier la Grèce, car rien n’est réglé. Les multiples plans patinent, le PIB recule, la réduction du déficit budgétaire est repoussée dans le temps, les privatisations se font attendre (qui va acheter des entreprises publiques grecques ?). En clair, la Grèce va encore faire défaut. Pourtant les banques ne poussent pas de hauts cris, pourquoi ? C’est bien simple, suite aux derniers plans d’aide européens, elles se sont débarrassées de la dette publique grecque qui est désormais entièrement dans des mains publiques : la BCE, le fonds d’aide FESF, les Etats. Ce sont eux qui vont payer, c'est-à-dire nous, les contribuables. On ne connait même pas le chiffre précis ! L’Assemblée nationale et le Sénat demandent au gouvernement de publier à la rentrée un rapport synthétisant les engagements pris par la France envers la Grèce, ainsi que la zone euro globalement (Les Echos). Et déjà le député Christian Paul chiffre à 50 milliards d’euros les engagements de la France envers la Grèce, soit directement (prêts bilatéraux), soit indirectement (renflouement du FESF). Une sacrée bombe à retardement. Et on ne parle que de la Grèce.
Philippe Herlin
Philippe Herlin
mercredi 25 juillet 2012
Le Libor et les banques centrales
Le scandale de la manipulation du Libor partage la une des rubriques économiques des médias avec la crise de la zone euro. Le taux auquel les banques s’échangent de l’argent entre elles (Libor pour London Interbank Offered Rate) a été manipulé à la baisse. Ne voulant pas reconnaître la hausse des risques dans l’environnement économique (notamment depuis la crise de 2008), ne voulant pas reconnaître une perte de confiance les unes envers les autres, les banques se sont concertées pour afficher des taux d’intérêt sous-évalués. Il faut savoir que le Libor sert de référence à une quantité impressionnante de produits financiers à travers le monde, de ce fait ceux qui ont prêté de l’argent ont été lésés, tandis que ceux qui empruntaient ont été avantagés (puisque le taux était moins élevé que ce qu’il aurait du être).
Chacun se scandalise de cette manipulation, à juste titre. Mais attendez une minute, n’est-ce pas exactement ce que font les banques centrales, et cette fois avec l’assentiment de tous ? Ceux qui hurlent contre le « Liborgate » applaudissent des deux mains quand la Fed et la BCE baissent leurs taux et s’engagent à les maintenir au plus bas. Mais c’est la même chose ! De l’argent facile pour « soutenir l’économie ». Ca ne marche, donc on continue, logique. D’ailleurs on apprend au fur et à mesure que les banques centrales étaient parfaitement au courant de la manipulation du Libor !
L’opinion générale veut que des taux d’intérêt établis au plus bas (par les autorités monétaires et les banques donc) favorisent l’activité économique. C’est faux. Comme l’explique l’homme politique et économiste Ron Paul, manipuler le prix de l’argent est aussi destructeur que le contrôle des prix par un gouvernement. Sauf que c’est plus facile, pas besoin d’une armée d’inspecteurs contrôlant les étiquettes, il suffit d’un président de banque centrale complaisant. Un taux d’intérêt nul détruit même le capital, comme l’explique Antal Fekete, et cela produit des bulles, des déséquilibres, et finalement la récession.
Cette entrave à la loi de l’offre et de la demande, cette manipulation généralisée du prix de l’argent, et d’autres phénomènes comme ces Etats qui empruntent à des taux négatifs, montrent que nous passons progressivement de la crise de la dette à la crise de la monnaie, l’ultime et plus grave forme de crise.
Philippe Herlin
Chacun se scandalise de cette manipulation, à juste titre. Mais attendez une minute, n’est-ce pas exactement ce que font les banques centrales, et cette fois avec l’assentiment de tous ? Ceux qui hurlent contre le « Liborgate » applaudissent des deux mains quand la Fed et la BCE baissent leurs taux et s’engagent à les maintenir au plus bas. Mais c’est la même chose ! De l’argent facile pour « soutenir l’économie ». Ca ne marche, donc on continue, logique. D’ailleurs on apprend au fur et à mesure que les banques centrales étaient parfaitement au courant de la manipulation du Libor !
L’opinion générale veut que des taux d’intérêt établis au plus bas (par les autorités monétaires et les banques donc) favorisent l’activité économique. C’est faux. Comme l’explique l’homme politique et économiste Ron Paul, manipuler le prix de l’argent est aussi destructeur que le contrôle des prix par un gouvernement. Sauf que c’est plus facile, pas besoin d’une armée d’inspecteurs contrôlant les étiquettes, il suffit d’un président de banque centrale complaisant. Un taux d’intérêt nul détruit même le capital, comme l’explique Antal Fekete, et cela produit des bulles, des déséquilibres, et finalement la récession.
Cette entrave à la loi de l’offre et de la demande, cette manipulation généralisée du prix de l’argent, et d’autres phénomènes comme ces Etats qui empruntent à des taux négatifs, montrent que nous passons progressivement de la crise de la dette à la crise de la monnaie, l’ultime et plus grave forme de crise.
Philippe Herlin
mardi 24 juillet 2012
Moody’s menace de dégrader l’Allemagne !
La crise de la zone euro franchit un nouveau palier : Moody’s vient de placer sous surveillance négative les notes de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg ! Il faut dire que la situation se dégrade à grande vitesse : la Grèce ne pourra pas tenir ses engagements et elle demande un étalement dans le temps de ses objectifs (on est habitué !), tandis que l’Espagne est «au bord du gouffre» selon La Tribune, du fait de la récession et des difficultés de plusieurs régions. L’Italie souffre également et emprunte à des taux rédhibitoires. Et qui sont les garants ultimes des fonds de soutien sensés aider ces pays ? L’Allemagne, et la France qui se fait oublier pour l’instant. La décision de Moody’s est parfaitement logique. Il existe aussi un autre «garant», que nous mettons volontairement entre guillemets : la BCE. Et de plus en plus, on entend des responsables politiques, des économistes, des éditorialistes demander à la Banque centrale européenne d’accroître ses facilités monétaires (un autre LTRO, racheter encore des obligations souveraines, baisser son taux d’intérêt), autrement dit de faire tourner la planche à billets. Bravo Mesdames et Messieurs, nous allons ainsi entrer dans la prochaine et ultime étape de la crise, celle de la monnaie, qui ruinera définitivement tout le monde !
> Les premiers articles sur ma candidature à la présidence de l’UMP
Philippe Herlin
> Les premiers articles sur ma candidature à la présidence de l’UMP
Philippe Herlin
mercredi 18 juillet 2012
Je suis candidat à la présidence de l’UMP
Si, si, c’est sérieux ! La seule façon de sortir de l’endettement et des déficits publics consiste à faire des réformes structurelles pour libérer les initiatives, baisser massivement le niveau des impôts, et faire reculer la bureaucratie, nous l’avons régulièrement écrit ici. Or les idées libérales ne sont quasiment pas représentées politiquement en France, et notamment pas à l’UMP. Il n’y a que des étatistes à l’UMP ! Le sens même des mots est perverti et « ultralibéral » est jeté comme une insulte à des personnalités qui ne le sont en aucune manière. Alors, dans un geste de défi, et pour tenter de remettre ces idées dans le débat, j’ai décidé de présenter ma candidature à la présidence de l’UMP, qui s’ouvre aujourd’hui. Vous pouvez retrouver ici ma profession de foi et comment me soutenir. Merci.
Philippe Herlin
Philippe Herlin
vendredi 13 juillet 2012
La dislocation de la zone euro
Sur des échéances courtes (3 et 6 mois) la France a emprunté ces jours derniers à des taux négatif (-0,005%), une performance que seuls jusqu’ici l’Allemagne et les Pays-Bas avaient réalisée dans la zone euro. Dans le même temps l’Espagne et l’Italie se financent à des taux très élevés (6 à 7%). Cela montre que la dislocation de la zone euro s’accentue, entre les «bons» pays (Allemagne, Pays-Bas), ou considérés comme tels (la France, qui est encore AAA pour 2 des 3 agences), et les «mauvais» qui entrent en récession, ce qui rend quasiment impossible leur retour à l’équilibre budgétaire (Grèce, Espagne, Italie). Cela traduit également une bulle sur les obligations des Etats encore considérés comme en bonne santé : la quantité d’actifs sans risque à travers le monde se restreint, et les investisseurs se précipitent sur ce qui reste. Mais bientôt même les «bons» pays seront touchés de plein fouet lorsque la crise de la zone euro franchira un nouveau pallier. D’ici là profitons-en, la France emprunte gratuitement, mais c’est peut être l’œil du cyclone.
Philippe Herlin
Philippe Herlin
mardi 3 juillet 2012
Le contribuable encore une fois arnaqué
La hausse de la bourse depuis vendredi, depuis le dernier sommet européen (voir le billet précédent) est grotesque mais compréhensible : on a ouvert un peu plus les vannes de l’argent public. Les fonds d’aide européens (MES et FESF), garantis par les Etats, pourront renflouer directement les banques et acheter de la dette de pays en difficulté, plutôt que de faire des prêts à des pays dans le cadre de plans rigoureux et placés sous le contrôle des autorités européennes. Ce sera plus facile, moins contraignant, en un mot plus laxiste.
Et si ça échoue ? Pas de problème, c’est déjà prévu : le MES «renonce à son statut de créancier senior, une exigence de Madrid qui avait peur de voir fuir les investissements si le MES avait été créancier privilégié.» (La Tribune). Le MES (donc les Etats, donc les contribuables) ne sera plus prioritaire si les banques espagnoles et Madrid sont dans l’impossibilité de rembourser, il faudra négocier avec les investisseurs privés (les pauv’banques qui risqueraient de faire faillite si elles abandonnent trop de créances… on voit déjà comment ça va finir). Résultat : plus d’argent public remis dans le système, et encore plus si ça échoue ; les marchés adorent, pile je gagne, face tu perds.
Les sommes en jeu sont conséquentes, et en forte augmentation : pour la France, la Cour des comptes vient d’en donner l’ampleur : «La dette publique imputable aux programmes d'aide aux pays en difficulté (prêts bilatéraux ou par l'intermédiaire du FESF) devrait s'élever à 50,2 milliards fin 2012, contre 14,5 milliards fin 2011» (Le Figaro). Bien sûr tout cela n’est que de la dette rajoutée à de la dette et qui ne règle rien sur le fond, mais la crise baisse d’intensité et la bourse monte, pour le moment…
Philippe Herlin
Et si ça échoue ? Pas de problème, c’est déjà prévu : le MES «renonce à son statut de créancier senior, une exigence de Madrid qui avait peur de voir fuir les investissements si le MES avait été créancier privilégié.» (La Tribune). Le MES (donc les Etats, donc les contribuables) ne sera plus prioritaire si les banques espagnoles et Madrid sont dans l’impossibilité de rembourser, il faudra négocier avec les investisseurs privés (les pauv’banques qui risqueraient de faire faillite si elles abandonnent trop de créances… on voit déjà comment ça va finir). Résultat : plus d’argent public remis dans le système, et encore plus si ça échoue ; les marchés adorent, pile je gagne, face tu perds.
Les sommes en jeu sont conséquentes, et en forte augmentation : pour la France, la Cour des comptes vient d’en donner l’ampleur : «La dette publique imputable aux programmes d'aide aux pays en difficulté (prêts bilatéraux ou par l'intermédiaire du FESF) devrait s'élever à 50,2 milliards fin 2012, contre 14,5 milliards fin 2011» (Le Figaro). Bien sûr tout cela n’est que de la dette rajoutée à de la dette et qui ne règle rien sur le fond, mais la crise baisse d’intensité et la bourse monte, pour le moment…
Philippe Herlin
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