mercredi 16 septembre 2020

L’INSEE reconnaît sa manipulation du calcul de l’inflation

Cet article du Figaro signale une nouvelle étude de l’INSEE tout à fait intéressante. Voulant démontrer que les ménages modestes dépensent bien plus pour leur logement que les ménages aisés, l’organisme statistique national lâche des chiffres révélateurs.

Le logement représente 22% des dépenses des 20% des ménages les plus modestes et seulement 12% des 20% les plus aisés. Mais dans les deux cas, nous sommes clairement au-dessus des 6% retenus pour le «panier de la ménagère» qui sert à calculer l’inflation. J’ai dénoncé cette sous-estimation du logement dans mon livre Pouvoir d’achat : le grand mensonge, qui amène à sous-évaluer l’augmentation réelle des prix en France. Involontairement, l’INSEE vient de lâcher le morceau, et de reconnaitre son mensonge.

Bizarrement, comme s’il ne fallait pas tout avouer d’un coup, l’étude ne donne pas le poids moyen du logement pour l’ensemble des ménages, on trouve seulement ce chiffre pour les propriétaires (9,5%) et pour les locataires (29,0%, cf figure 2), quels que soient leurs revenus. Les propriétaires payent moins car l’INSEE ne prend en compte ni l’achat de logement ni les remboursements de prêts immobiliers, qu’il considère être de «l’épargne et non pas une consommation de logement», ce qui allège fortement le poids des dépenses des propriétaires (dans ce cas, il ne s’agit plus que de dépenses d’entretien du logement). Il serait possible d’en tenir compte, par exemple par le biais des «loyers fictifs» (ce que paieraient les propriétaires s’ils louaient leur propre logement), et dans ce cas ce chiffre serait nettement plus élevé, mais ce n'est pas le cas ici.

Alors pour calculer le poids moyen du logement dans les dépenses de l’ensemble des ménages français, il faut passer par cette autre étude qui nous dit que les propriétaires représentent 58% de la totalité des ménages, et les locataires 42%. Nous pouvons alors calculer ce poids moyen du logement dans les dépenses des ménages : 17,69% (9,5*58+29,0*42/100). Et ce serait encore pire si on tenait compte de l’achat de logement et du coût des emprunts comme nous l’avons dit au paragraphe précédent. Quoi qu’il en soit, nous sommes très loin des 6% retenus pour calculer l’indice des prix à la consommation !

Compte tenu de la hausse de l’immobilier depuis 2000, on comprend comment le pouvoir d’achat des Français a été sérieusement entamé, et comment, en ramenant le logement à 6%, les dirigeants politiques entretiennent la fiction d’un pouvoir d’achat qui augmente. Merci à l’INSEE pour cet aveu.

mardi 15 septembre 2020

Mon intervention à LCI sur PerriScope

Mon intervention à LCI sur PerriScope de Pascal Perri : Comment les écologistes vont tuer le commerce dans les métropoles françaises (à 33’50)

vendredi 4 septembre 2020

Comment vaincre la gauche ? Mon interview vidéo

À retrouver sur YouTube, mon interview à Sputnik sur mon livre La Renaissance de l'Occident.
Déjà plusieurs commentaires élogieux, merci !
- «L'analyse de Philippe Herlin est vraiment excellente, on aimerait le voir plus souvent, merci de l'avoir invité !»
- «Analyse intéressante et à "contre courant", merci pour cette interview...»
- «on dirait Jordan b Peterson pour les connaisseurs»

mardi 21 juillet 2020

Lancement du site referendumCO2NON.fr

Je lance aujourd'hui un site appelant à voter NON au référendum sur le (pseudo) réchauffement climatique qu'a annoncé Emmanuel Macron le 14 juillet :
referendumCO2NON.fr

samedi 22 février 2020

Mon intervention à POLITMAG sur le pouvoir d’achat face à l’INSEE

Mon intervention à POLITMAG sur le pouvoir d’achat face à l’INSEE, qui ne trouve rien à redire à mes arguments.

Par ailleurs, Emmanuel Todd revient sur l’INSEE et sur mon livre.

lundi 10 février 2020

L’INSEE répond à Emmanuel Todd et persiste dans son déni

Dans un billet de son blog, l’INSEE répond à Emmanuel Todd, c’est-à-dire essentiellement à moi puisque le chapitre considéré est basé sur mon livre. Il faut d’ailleurs rappeler qu’à l’époque de la sortie de Pouvoir d’achat : le grand mensonge, à l’automne 2018, l’INSEE avait fait circuler dans les rédactions un argumentaire pour le critiquer, ce qui dénote d’un comportement mesquin et malhonnête, j’y avais répondu à l’époque. Désormais l’organisme statistique répond publiquement, c’est un progrès, même s’il persiste dans le déni.

L’INSEE s’arcboute sur sa méthode et sur la part ridicule qu’occupe le logement dans le panier moyen de la ménagère (6% !) et ne veut rien y changer. Mais comme je l’explique, pour répondre aux critiques formulées contre son indice des prix, l’INSEE a créé la notion de "dépenses pré-engagées", ou "dépenses contraintes" dont l’institut reconnaît qu’elles ont fortement grimpé pour atteindre un tiers du budget des ménages en 2010, or celles-ci sont essentiellement constituées des dépenses de logement : ainsi les dépenses de logement font progresser les dépenses contraintes, mais pas l’inflation… on est ici dans un double discours.

Rappelons que, récemment, la Banque Centrale Européenne a manifesté sa volonté de mieux prendre en compte l’immobilier dans le calcul de l’inflation, et cela après le think tank Positive Money ou encore l’économiste en chef de Standard & Poor’s. Manifestement, de plus en plus d’économistes et d’institutions sont conscients du problème de la sous-évaluation de l’immobilier dans l’indice des prix, et l’attitude bornée de l’INSEE ne tiendra sans doute plus longtemps.

Bonus : Emmanuel Todd répond à l'INSEE (et me cite au passage, merci), et s'étonne d'ailleurs que ce blog ait été créé exprès par l'institut pour répondre à son livre...

Philippe Herlin

mercredi 5 février 2020

Le JT de France 2 rappelle que l’immobilier est mal pris en compte dans le calcul de l’inflation, bravo !

L’idée commence enfin à percer, manifestement, en plein JT de 20h sur France 2 hier soir (à partir de 11’10) : le calcul de l’inflation est biaisé, il sous-estime la réalité parce qu’il ne prend quasiment pas en compte le poids de l’immobilier. C’est ce que j’explique dans Pouvoir d’achat : le grand mensonge. Dans son dernier ouvrage, Emmanuel Todd cite mon livre à plusieurs reprises, c’est sans doute ce qui est à l’origine de ce reportage. Quoi qu’il en soit, espérons que la curiosité des journalistes, et des économistes, se renforcera sur ce sujet crucial…

Philippe Herlin

mardi 28 janvier 2020

Emmanuel Todd cite mon livre sur le pouvoir d’achat dans son dernier ouvrage

Dans Les Luttes de classes en France au XXIe siècle, qui vient de sortir, Emmanuel Todd cite à plusieurs reprises mon livre Pouvoir d’achat : le grand mensonge. Dans un chapitre intitulé «La baisse du niveau de vie : oser dire non à l’Insee» (pages 34 à 40), voici les principales citations :

- Dans un livre aussi concis que pertinent, Philippe Herlin a montré à quel point la façon dont l’Insee calcule le pouvoir d’achat des Français est aberrante.
- Herlin propose un développement passionnant sur «l’effet qualité», magnifique tour de passe passe statistique permettant de minorer l’augmentation des prix.
- Philippe Herlin en fait [le pouvoir d’achat automobile] une analyse très fine en utilisant les valeurs Argus à un an sur longue période.
- Citons la conclusion d’Herlin : «En supprimant l’effet qualité et en mettant le logement à sa vraie place, l’indice des prix à la consommation [l’inflation donc] gagnerait facilement 1 à 2% par an ou plus, et automatiquement le pouvoir d’achat basculerait dans le rouge.»
- Herlin montre très bien comment, en raison de l’effet Cantillon, la façon dont l’argent dégouline de la BCE vers les banques a contribué à renchérir les biens immobiliers.


Un grand merci à Emmanuel Todd et espérons que d’autres économistes prendront conscience des biais de l’Insee dans le calcul du pouvoir d’achat dont j’affirme, et je le démontre, qu’il baisse depuis 2000.

Philippe Herlin