mercredi 17 juillet 2013

Comment les créanciers vont réussir à se protéger des faillites bancaires

Nous avons expliqué, notamment dans ce texte, comment l’Union européenne souhaite régler les cas de faillites bancaires à l’avenir : en faisant un hold-up sur les comptes de plus de 100.000 euros (et en fait également sur ceux d’un montant inférieur car ça ne suffira pas, mais cela on ne le dit pas). Enfin, plus précisément : la directive prévoit qu’en cas de faillite d'une banque, les pertes seront d'abord épongées par les propriétaires et les actionnaires, suivis des créanciers "juniors" et "seniors" puis, en troisième rang, les déposants au-dessus de 100.000 euros. Le procédé a été testé à Chypre, il est désormais parfaitement opérationnel.

Mais ces créanciers, les détenteurs d’obligations bancaires, viennent de trouver le moyen de contourner cette règle et d’éviter le couperet de la restructuration qui leur ferait perdre la totalité de leurs avoirs. Comment ? Tout simplement en modifiant le fonctionnement des CDS. On le rappelle, le CDS permet de se protéger contre un "événement de crédit", et jusqu’ici ce type de restructuration n’en faisait pas partie. Ce sera bientôt corrigé comme nous l’apprend cet article de L’Agefi. Résultat, si le créancier a des doutes et qu’il a acquis en conséquence des CDS, "si la dette bancaire est totalement effacée, l'investisseur sera indemnisé à hauteur de 100%". Et le tour est joué.

Quid des banques qui auront vendu ces CDS et devront payer des sommes très importantes, au risque de mettre leur existence en péril ? Pas grave, elles seront à leur tour inclues dans ce plan de restructuration bancaire. Au final, le seul qui est certain de payer c’est le déposant, les particuliers et les entreprises. Lui, il sera ruiné et il n’a aucun moyen de se protéger, c’est le dindon de la farce.

Autrement la Revue Banque du mois de juin signale mon livre sur le bitcoin.

Philippe Herlin

jeudi 4 juillet 2013

Un Draghi-gate en perspective ?

Mon nouveau texte pour GoldBroker : Un Draghi-gate en perspective ? (et en anglais)

Autrement, le podcast de mon interview sur France Info mardi à propos de la dette.

Philippe Herlin

vendredi 28 juin 2013

Que vaut l'accord européen sur le sauvetage des banques ?

Mon interview pour Atlantico : Que vaut l'accord européen sur le sauvetage des banques ?

Autrement, voici les nouveaux MP3 disponibles pour juillet et août sur mon site Classical Music Mobile, toujours à 1 euro seulement.

Philippe Herlin

jeudi 27 juin 2013

Craquements en Chine

Mon nouveau texte pour GoldBroker : Craquements en Chine (et en anglais)

Par ailleurs j'ai été interviewé par Atlantico : Ni sincère, ni lucide : l’Etat français se trompe structurellement sur ses recettes comme sur ses déficits

J'ai aussi été interviewé par 01net (édition papier du 27 juin) sur le bitcoin, mais ce n'est vraiment pas la peine d'acheter ce journal car le bitcoin y est présenté uniquement comme "la monnaie d'échange préférée des voyous" (si je l'avais su j'aurais refusé l'interview), et le journaliste n'a même pas eu l'élégance de citer l'ebook que je viens de sortir sur le sujet. Des nuls.

Philippe Herlin

mercredi 19 juin 2013

Comment la SNCF étouffe l’économie

Retour à Chinon le week end dernier. Je vous avais relaté dans ce billet ma mésaventure avec la SNCF (mon TER annulé sans que je sois prévenu alors que j’avais acheté mon billet sur Internet). N’ayant toujours aucune explication de la SNCF malgré mes relances, je vais voir l’agent d’accueil qui m’explique que les TER annulés au dernier moment cela arrive souvent, au moins une fois par semaine ! Le machiniste n’arrive pas, il n’est pas prévenu à l’avance et n’a aucun moyen de le remplacer ou d’appeler des taxis ou un bus de remplacement. Visiblement il s’en fiche pas mal d’ailleurs, à aucun moment il sera "désolé" de ces contretemps.

Chinon n’est pas une gare très fréquentée et à l’évidence un service de bus privés avec une éventuelle légère subvention ferait nettement mieux pour incomparablement moins cher, mais il ne faut pas toucher au lobby SNCF ! D’ailleurs pour faire croire à son utilité sur les lignes peu fréquentées, et trouver à employer un personnel pléthorique, la SNCF a fait en sorte d’interdire purement et simplement la concurrence des autocars : "La législation donnait en effet à la SNCF un droit de regard sur toutes les autorisations de lignes interrégionales. Ce que bien sûr elle refusait de faire, craignant l'émergence d'une nouvelle forme de concurrence" (L’Expansion). Cela est en train de changer grâce à l’Europe, très bien, mais il y a du retard à rattraper.

Car cette entrave à la libre concurrence remonte à loin, en 1934 ! Les premiers grands réseaux de bus furent créés par les constructeurs automobiles Citroën (en 1931) et Renault (en 1932). Mais peu de temps après l’Etat intervint… pour défendre le rail : "1934 fut l'année de la plus grande activité avec quelques 800 autocars fonctionnant sur quelque 300 lignes [pour Citroën]. Mais dans les années qui ont suivi, de nombreuses lignes ont été interrompues en raison de leur retrait forcé dans le cadre de la politique rail-route du gouvernement, avec une coordination progressivement imposé sur le bus et autocars à partir de 1934, et la nationalisation des chemins de fer au bord de la faillite pour former la SNCF en 1938. Les quelques années d'or de l'exploitation des bus et autocars étaient passées." (article sur les transports Citroën).

Ensuite ces réseaux se fragmentèrent et vécurent tant bien que mal à l’ombre de la SNCF. Dans les années 60 il existait deux compagnies privées concurrentes basées à Tours et offrant un vrai maillage du territoire, dont les Rapides de Touraine (voir son réseau). Mais finalement ils dépérirent. La généralisation de la voiture individuelle explique cela, mais aussi pour une grande part la SNCF qui pouvait interdire l’ouverture de nouvelles lignes, et donc tuer progressivement ces compagnies. Et aujourd’hui que constate-t-on ? La SNCF achète Keolis, un des leaders du transport de cars en France, de façon à profiter de l’ouverture du marché !

On voit avec cette petite histoire comment la SNCF agit en prédateur de l’économie privée, comment elle use de son pouvoir de monopole pour imposer à l’Etat des conditions qui l’avantagent, comment elle gaspille de l’argent public pour maintenir et accroître ses positions. La SNCF coûte une fortune en argent public, non seulement pour faire moins bien et plus cher que le privé, mais en plus pour empiéter sur le secteur privé. La SNCF est un cancer pour l’économie française et il faut en revenir à l’origine, 1938, c'est-à-dire démanteler cette "société nationale", la privatiser par morceaux, en ayant au passage ramené le statut du personnel dans le droit général, et laisser jouer la concurrence intégrale entre les différents moyens de transport. D’ici là, la SNCF continuera d’être un service coûteux et inefficace, et qui en plus étouffe l’économie française.

Philippe Herlin