vendredi 29 mars 2013

Même les entreprises en bonne santé mettent la clé sous la porte : l’exemple d’une galerie d’art

Mon nouveau texte pour Atlantico : Même les entreprises en bonne santé mettent la clé sous la porte : l’exemple d’une galerie d’art

Autrement voici les nouveautés du mois d'avril sur mon site Classical Music Mobile (Wagner, Mozart, Ravel, Falla, Bizet). Il compte désormais 200 enregistrements stéréo, c'est à dire d'une parfaite qualité sonore (cliquez sur Preview pour écouter), mais toujours à 1 euro seulement.

Philippe Herlin

jeudi 28 mars 2013

Une liberté d'avenir : la liberté monétaire

Je suis très heureux de vous annoncer ma participation au think thank lancé par Gaspard Koenig : GénérationLibre. Vous pouvez lire ma première contribution : Une liberté d'avenir : la liberté monétaire

Autrement, mon texte pour GoldBroker : Chypre, l’arbitraire et la confusion

Philippe Herlin

mercredi 27 mars 2013

La Cité des sciences rate son exposition sur la crise économique

La Cité des sciences propose une exposition sur la crise, L'économie : krach, boom, mue ? (du 26 mars 2013 au 5 janvier 2014). Le projet tombe à pic mais qu’en pensez ? Malheureusement pas grand-chose. Toute l'exposition ne fait que vulgariser la soupe tiède qui est enseignée à l'université. C'est à dire un libéralisme tempéré par l'Etat dont le rôle est considéré comme incontournable, un libéralisme désincarné issu de la théorie néoclassique (rationnel, froid), un libéralisme où le risque est gentiment circonscrit (la courbe de Gauss est présentée comme l'outil de base des économistes). En somme un libéralisme d'énarque, ou de commissaire européen.

L'école autrichienne est inexistante (Hayek est simplement cité dans le tableau général des économistes, mais pas dans le glossaire du catalogue). La monnaie est seulement abordée sous l'angle de la confiance, qui est garantie par les banques centrales, bien sûr. Benoît Mandelbrot, Nassim Taleb et son cygne noir (qui ont remis en cause la courbe de Gauss justement) ne sont même pas cités, alors qu’ils proposent dans leurs livres nombre d’exemples pédagogiques.

Alors qu'y voit-on ? Une vulgarisation souvent bébête de mécanismes économiques basiques (l'équilibre entre l'offre et la demande, avec de gros boutons à tourner), un discours lisse sur un monde idéal dans lequel les acteurs échangent produits et services, le tout dans une décoration pauvrette et répétitive.

Y a-t-il l'esquisse d'un discours critique sur l'obésité de l'Etat et la dette publique, sur le danger des produits dérivés (qui ne sont même pas présentés !), sur les effets pervers de la réglementation, sur le capitalisme de connivence, sur les risques des politiques de monétisation menées par les banques centrales ? Rien. Plus grave, il n’y a pas de confrontation entre les courants de pensée actuels (keynésiens/autrichiens, relance/rigueur, sortir ou pas de l’euro, etc.).

Mais alors, pourquoi sommes-nous en crise ? A cause de «l'effet domino» (avec de vrais dominos à faire tomber, véridique) qui fait chuter les institutions financières puis l'économie réelle. Pourquoi en arrive-t-on à cette fragilité, cela n'est pas précisé. Mais l'effet domino explique opportunément, selon l'exposition, pourquoi les économistes ne peuvent pas prévoir les crises. C'est ballot, nos pauv' économistes qui ont de jolis modèles et une belle courbe de Gauss, que l'on vient de voir de façon idéalisée tout au long de l'exposition, sont complètement pris de court en cas de crise, au moment où on aurait le plus besoin d'eux !

Au fait, il n'y a strictement rien sur l'euro, sa formation et son fonctionnement, et la crise qu'il traverse. Mais, c'est vrai, l'euro est solide et inspire confiance, pas la peine de perdre du temps. Une exposition inutile et grotesque. Qui malheureusement n'en restera pas là puisqu'elle préfigure la Cité de l'économie, un musée permanent conçu par la Banque de France.

Philippe Herlin

lundi 25 mars 2013

Chypre, un racket de 30% au moins !

Le plan de sauvetage de Chypre a été signé tard dans la nuit à Bruxelles et il permet à l’ile de demeurer dans l’euro, mais à quel prix ! Les dépôts inférieurs à 100.000 euros ne subiront aucune taxation, les autres oui, mais le niveau de la taxe est fonction des banques : les clients de Bank of Cyprus, la première du pays, subiront une ponction de 30%, tandis que ceux de la deuxième en taille, Laiki Bank (Popular Bank en anglais) subiront une taxe encore plus importante, à déterminer en fonction des l’état des comptes… Les mouvements de capitaux sont bien sûr strictement contrôlés pour éviter toute fuite avant ce racket. Les banques devraient bientôt ouvrir après plus de dix jours de fermeture. Tous les comptes supérieurs à 100.000 euros ne proviennent pas d’exilés fiscaux mais, en gros, l’Europe fait payer les Russes. Elle pense s’en tirer à bon compte sans mesurer qu’elle incite fortement au bank run dès qu’un pays sera en difficulté. Les possesseurs de comptes de plus 100.000 euros en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, en Irlande (liste non close) doivent sérieusement commencer à s’inquiéter… Et ceux de Chypre partiront dès le contrôle des capitaux sera levé, ce qui précipitera une nouvelle crise.
> Addendum 16h30 : "le plan chypriote, un exemple pour le futur" pour le président de l'eurogroupe ! Ca a le mérite de la clarté. Planquez vos sous !

Justement, à propos de ponction des comptes sans que les bénéficiaires ne soient prévenus, la France semble prendre ce chemin car l’épargne salariale (4,8 milliards d’euros) pourrait servir à acquérir des automobiles, et ainsi soutenir le secteur, alors que cela n’était nullement prévu au départ (Le Figaro).

Autrement, j’étais hier à la Manif pour tous, nous étions 1,4 millions (avenue de La Grande armée pleine jusqu’au Pont de Neuilly + avenue Foch + avenue Carnot), mais seulement 300.000 selon la préfecture de police. Je recommande donc de nommer au plus vite Manuel Valls au ministère du budget, le déficit sera ainsi instantanément divisé par cinq. Imaginons la scène, Manuel Valls : «des rumeurs font état d’un déficit budgétaire de 90 milliards d’euros, j’affirme que, selon la police, il est de 20 milliards». Trop fort.

Philippe Herlin

samedi 23 mars 2013

Chypre en situation de suicide assisté

Le parlement chypriote a commencé hier à mettre en place le "plan B" avec l'instauration d'un strict contrôle des mouvements de capitaux (en clair empêcher toute fuite d'argent de l'ile). Reste le point le plus douloureux, la taxe sur les dépôts, appliquée à ceux de plus 100.000 euros uniquement et dont le taux serait de 15 à 25% ! Il ne s'agirait de rien d'autre que d'un suicide de tout le secteur financier de Chypre, car une fois payée cette taxe et le contrôle des capitaux assoupli, les déposants fuiraient l'ile et plus aucun ne s'y risquerait, bien évidemment. Ce qui générera une nouvelle crise bancaire...

C'est ce week end que tout se joue. On semble pour le moment échapper à une faillite pure et simple de Chypre, et à une sortie de l'euro, au profit d'un racket des épargnants. Soit. Mais l'effet produit sur les investisseurs et les déposants présents dans les autres pays en difficulté (Grèce, Espagne, Portugal, Italie, Irlande, liste non close bien sûr) risque d'être dévastateur. Entre la zone euro et les investisseurs, locaux ou internationaux, la confiance est rompue, et cela va se payer très cher. Cela pourrait même marquer le début de la fin. Un sondage Ifop révèle que 4 Français sur 10 "jugent possible une taxe sur les comptes bancaires" en France. Ils ont malheureusement raison d'avoir cette crainte.

Philippe Herlin

vendredi 22 mars 2013

Chypre, le Lehman Brothers de la zone euro ?

La situation devient de plus en plus inextricable à Chypre : la Russie ne prêtera pas d’argent et les émissaires chypriotes sont rentrés bredouilles de Moscou, la BCE impose un ultimatum et refusera d’aider les banques au-delà de ce week end (ce qui signifie leur faillite et la nécessité de réintroduire une nouvelle monnaie), le « plan B » consistant à mettre la main sur les fonds des caisses de retraite est refusé par Merkel (La Tribune). Et surtout, l’Allemagne (et le chancelier autrichien à haute voix) semble se faire à l’idée d’une sortie de Chypre de l’euro. Le «challenge» : Nicosie doit trouver 6 milliards d’euros d’ici lundi.

Dans les chancelleries comme dans les médias, chacun veut se convaincre qu’une éjection de Chypre de l’euro ne comporterait aucune conséquence grave. Son PIB est négligeable nous explique-t-on. Certes, mais c’est également vrai pour la Grèce et pourtant tout est fait pour la garder dans l’euro, y compris en accumulant des aides dont on sait qu’elle ne pourra pas les rembourser.

A Bruxelles, Francfort (siège de la BCE) et Berlin, on est dans le même schéma que Lehman Brothers avant le 15 septembre 2008 : « faisons un exemple, ça servira de leçon aux autres ». Pour la banque américaine, c’est après sa faillite que l’on s’est rendu compte de la catastrophe. Mesure-t-on les conséquences d’une sortie précipitée et non préparée d’un pays de la zone euro ? L’aspect comptable (les montants en jeu, et ce que l’on va découvrir dans ces banques opaques, des produits dérivés par exemple…), mais aussi l’aspect psychologique, chez les déposants comme chez les investisseurs, qui pourrait se transmettre aux autres pays en difficulté (Grèce, Portugal, Espagne, Italie, Irlande). Nous jouons avec le feu.


Autrement, bien sûr, comme pour le 13 janvier, je soutiens la Manif pour tous dimanche (mon billet sur le sujet à l'époque) !

Philippe Herlin

jeudi 21 mars 2013

Chypre, le jour d’après

Mon nouveau texte pour GoldBroker : Chypre, le jour d'après

Vous pouvez retrouver mes textes pour GoldBroker traduits en anglais, allemand, et italien. Partagez !

Philippe Herlin

mardi 19 mars 2013

L’épargne a toujours été dans le viseur des Etats en faillite

Le «coup de tonnerre» de Chypre de samedi, cette spoliation des épargnants dont nous avons parlé dans notre précédent billet, nous rappelle une chose que nous n’aurions jamais du oublier : l’épargne des ménages a toujours été dans le viseur des Etats en faillite. C’est toujours de cette façon que ça se termine, par la spoliation des épargnants.

Mais l’histoire ne se répète jamais tout à fait de la même façon, et en l’occurrence il y a un petit changement. Jusqu’ici un pays se débarrassait de sa dette par une période de forte inflation ou d’hyperinflation, provoquée par la planche à billets ou une forte dévaluation de la monnaie, c'est-à-dire concrètement qu’il rembourse en monnaie de singe («l’euthanasie du rentier» chère à Keynes). Ou alors il fait défaut (l’Islande). Ou les deux à la fois (l’Argentine).

Dans la zone euro ces méthodes ne sont plus utilisables : un pays ne peut évidemment pas tout seul dans son coin imprimer des euros en pagaille, et il ne peut plus faire défaut. Enfin, il peut menacer de le faire (la Grèce) mais les autorités européennes l’en empêchent absolument pour ne pas entamer la réputation de l’euro (d’où ces plans d’aide sans fin à la Grèce).

Reste une solution : puiser dans la caisse, c'est-à-dire l’épargne des ménages. Les avantages sont multiples : on évite l’inflation et le défaut, et ceux qui ont investi dans les obligations chypriotes voient leur créance garantie. La réputation de l’euro comme monnaie internationale est préservée. Bien sûr le populo gronde, mais on lui envoie la police et on lui fait comprendre que ça aurait pu être pire, et tout rentre dans l’ordre.

D’ailleurs les responsables politiques ne s’en cachent même pas. L’agence chargée de vendre la dette belge explique dans ses documents à destination des investisseurs que «théoriquement, les ménages belges pourraient rembourser la dette publique» (Contrepoints). On se rappelle que notre ancien ministre des finances, François Baroin, a déclaré en janvier 2012 que la dette de la France est un «investissement sans risque» notamment parce que «la France a un niveau d’épargne élevé» (Le Figaro).

Cette idée de ponction de l’épargne des chypriotes remonte donc à loin, et elle n’est que la première d’une liste. Maintenant est-ce que ça sauvera la zone euro ? Non, cela permet juste de repousser les échéances car dans une crise de la dette le défaut et/ou l’inflation sont inéluctables.

Philippe Herlin

samedi 16 mars 2013

ALERTE : la spoliation des épargnants a commencé dans la zone euro

Chypre est en difficulté, nous le savons, ses besoins sont estimés à 17 milliards d'euros (l'équivalent de son PIB !). L'Eurogroupe, le FMI et l'ensemble des ministres des finances de la zone euro ont trouvé hier soir un accord à Bruxelles. 10 milliards d'euros seront apportés par l'Europe et le FMI, et le solde proviendra d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires. "Cette taxe sera de 6,75% sur les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil" (Le Figaro). Et elle sera prélevée ce week-end. Vous avez bien lu. Il ne s'agit pas d'une taxe sur les revenus de l'épargne, non, c'est le capital lui-même qui est touché. Vous avez 10.000 euros vendredi sur votre compte, vous vous retrouvez avec 9.325 euros lundi. Vous avez 200.000 euros à la banque vendredi, et 180.200 lundi. En fait mardi à Chypre, lundi étant férié, et le parlement votera cette loi dimanche (Le Figaro).

Les actionnaires des banques sont épargnés, l'Etat chypriote dépensier et incompétent (un exemple) également, toute la charge repose sur l'épargnant de base. Une honte. Il y a également des oligarques russes qui ont déposé de l'argent dans les banques de Chypre, mais ils ne seront ni plus ni moins mis à contribution.

Ne nous y trompons pas, il s'agit ici d'une première qui sera observée à la loupe par les autorités et les pays européens, et si ça "passe" sans trop de grabuge, cela sera répété ailleurs. Il existe actuellement cinq pays de la zone euro (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et Chypre) qui bénéficient de plans d'aide... Et quand on voit comment est gouvernée la France...

Comment se protéger ? Investir dans des actifs réels comme l'immobilier, et l'or (physique uniquement) bien sûr (cf mon livre L'or un placement d'avenir). Et concernant la gestion de ses comptes proprement dit ? Dans France la faillite ? j'ai parlé de la solution Paypal. Il y a aussi le Bitcoin, et cela je vous en reparlerai d'ici quelques semaines... Mais là on vient de franchir une nouvelle étape dans la crise.

Philippe Herlin